Une des grandes tendances de notre société est de 'muséifier' tout ce qui peut faire signe. Archiver et présenter les faits culturels, même ceux qui semblent, d'un
point de vue ontologique en opposition avec l'institution. Un double souci d'exhaustivité et de compilation anime la plupart des pratiques culturelles.
La récente et roborative exposition dAdA du Centre Pompidou pensée par Laurent Lebon, répondait par le menu à ce double souci et à ce paradoxe déjà maintes fois discuté
: peut-on faire rentrer dAdA dans un musée? une œuvre d'art peut-elle survivre dans un musée? Ce fut ' un festin ' d'après Michel Sanouillet, ' un buffet digne des archives de Marc
Dachy '.
L'affiche dAdA est ici présentée sur un papier peint astucieusement percée à l'emporte-pièce de manière à écrire les lettres MTP.
MANE,THECEL, PHARES.
Je laisserai à plus valeureux que moi (Larousse par exemple) le soin de rafraîchir les mémoires :
Balthazar, le dernier roi de Babylone, assiégé par Cyrus dans sa capitale, se livrait à une orgie avec ses courtisans ; par une forfanterie d'impiété, il fit servir sur les
tables les vases sacrés que Nabuchodonosor avait autrefois enlevés au temple de Jérusalem. Cette profanation était à peine commise, que le monarque vit effaré une main qui traçait sur la muraille,
en traits de feu, ces mots mystérieux : Mane, Thecel, Phares, que le prophète Daniel, consulté, interpréta ainsi : Tes jours sont Comptés ; tu as été trouvé trop léger dans la balance (Pesé) ; ton
royaume sera Divisé. Epilogue: Dans la même nuit, en effet, la ville fut prise. Balthazar fut mis à mort, et la Babylonie fut partagée entre les Perses et les Mèdes.
Par Tony Poncetti
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